m_rafaleLes étudiants de l’École de Technologie Supérieure (ETS) ont largement mérité la récompense de Marin de l’année 2015 décernée par la Fédération de voile du Québec. L’audace, la détermination, la solidarité et le talent les ont conduit jusqu’à Genève pour disputer la Little Cup en septembre dernier. Durant les quatorze mois de conception et les sept mois de fabrication, ils ont produit pas moins de 500 gig de données, 100 dessins en 3D, mais surtout fait preuve d’imagination et de débrouillardise pour mener à terme le premier projet étudiant de l’histoire de la compétition. Les équipes de professionnels, dont celle de Franck Cammas, les ont accueilli chaleureusement, parce qu’elles étaient bien placées pour mesurer le travail accompli. Le simple fait de figurer sur la ligne de départ était déjà un exploit. Leur sixième place au classement (7 classés) ne veut pas dire grand chose. Avoir réussi à prendre le départ des huit manches malgré les pépins techniques est encore une fois à leur honneur.

«Le règlement de la Classe C est le plus simple que l’on puisse trouver» explique Julien Chaussée qui a supervisé la conception. Il tient effectivement en quelques lignes. Un catamaran de 7,62 m de long par 4,26 m de large qui porte 27,8 m2 de toile et dont l’équipage se compose de deux personnes. Cette classe de développement où s’affrontent des mordus de technologie constitue un laboratoire vivant d’où sont sorties de multiples innovations. Ces engins de 180 kg à peine sont capables de pointes de vitesse de 35 nœuds. Si les règles de jauge sont simples, les machines le sont moins. Avant de se rendre sur la ligne de départ, Marc Farmer et son équipier Tej Trevor Parekh avaient besoin de huit personnes pour préparer le bateau, monter l’aile et passer à travers un checklist de 4 pages. Rafale s’est avéré plus lourd que prévu; il accusait 250 kg au lieu de 180 kg pour les meilleures équipes. Les foils, moins efficaces qu’escomptés, seront remplacés à l’occasion de nouveaux essais en juillet 2016. Tenace, l’équipe de l’ETS envisage éventuellement de relancer le projet avec un nouveau bateau en 2017. Mais personne ne leur en voudrait d’en rester là, ils ont déjà surpris beaucoup de monde.